Galerie

Le musée d’art de Haïfa

J’ai profité de mon petit séjour à Petah Tikva pour passer une journée complète à Haïfa. J’ai visité pas mal d’endroits tels que la grotte d’Élie, le musée de la ville, les terrasses baha’íes et le musée d’art. Comme vous l’avez compris en lisant le titre, c’est de ce dernier dont l’on va parler aujourd’hui.

Le musée d’art de Haïfa

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Le site web I Love Haifa nous dit de l’établissement :

Le Musée d’Art de Haïfa est l’un des trois grands musées d’art en Israël. Il abrite des expositions d’art contemporain israélien et international. Le musée d’Art de Haïfa est impliqué dans tous les domaines de la culture, il garde un œil sur toutes les tendances ou phénomènes culturels contemporains.

Il a été inauguré en 1951 avec une exposition des œuvres de Marc Chagall. En 1977, le musée a déménagé dans son bâtiment actuel, situé dans le quartier Hadar. Il s’agit d’un édifice de pierres unique, construit à l’origine comme une école des années 1930. Il a été classé comme monument historique.

L’importance historique de ce bâtiment résulte de sa position géographique spécifique, à côté du quartier « Wadi Nisnas », un lieu important de la culture locale, où sont réunis les trois quartiers de la ville – juif, musulman et chrétien. Cet emplacement du musée lui permet d’être un pont multiculturel, et représente la diversité et la spécificité de Haïfa : la coexistence des 3 cultures.

La fin de l’ère de la vie privée

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L’exposition à laquelle j’ai assisté abordait les diverses relations entre les artistes et le public, et la manière dont ces liens incarnent les désirs contradictoires de la vie publique et de la vie privée. Beaucoup de travaux ont pour thème le regard et la surveillance, d’où mon choix de première photo. En appuyant la tension entre l’exhibitionnisme et le voyeurisme, les oeuvres soulèvent des questions éthiques difficiles concernant des problèmes telles que l’origine du pouvoir et de la domination.

La nouvelle culture médiatique vénère l’exposition et repose sur le désir de partager des informations privées avec le grand public. Beaucoup d’entre nous sont disposés à sacrifier leur vie privée sur l’autel des nouveaux dieux: la mise à nue et la publicité. La grande popularité des reality shows tels que Big Brother reflète la tendance contemporaine à préférer la renommée par rapport à la vie privée. Ces oeuvres, que vous allez pouvoir contempler sous peu, cherchent à éclairer les conceptions sociales de l’idée de la vie privée et les nouveaux modèles créés par la révolution de l’information et des médias depuis le début du vingtième siècle jusqu’à nos jours.

Un moment privé en public

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Dans le passé, documenter un événement dans la sphère publique était considéré comme une provocation invasive et voyeuse. Aujourd’hui, la photographie publique contemporaine sert une culture qui vénère l’invasion de la vie privée et la surexposition.

L’exposition de ce musée d’art traite de la capture de moments personnels et intimes qui suppriment les défenses habituelles et les masques que l’on porte parfois devant la caméra. Un tel moment intime offert à nos yeux évoque des sensations situées entre la distance et la proximité, la familiarité et la dissimulation, l’intimité et le public. L’observation de ces travaux varie entre une simple contemplation «poétique» et un sentiment de malaise, découlant de la relation entre la caméra et l’objet photographié, à l’endroit où le «contrat» entre le photographe et la photographie est violé.
Regardez l’image ci-dessus : voir mon reflet dans la vitre prenant en photo cette jeune femme nue, n’est-ce pas là une parfaite illustration de ce viol de l’intimité ?

Une petite visite ?

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Pour ceux et celles qui seraient intéressé(e)s par cette exposition, je vous laisse avec un diaporama des quelques clichés que j’ai pu prendre. Ils ne sont pas tous de bonne qualité, bien que j’ai essayé de les rattraper au mieux sur mon logiciel de retouche. Parfois vous apercevrez sûrement mon reflet sur le verre des photographies, je m’en excuse par avance.

Les oeuvres que j’ai pu admirer provenaient d’artistes israéliens et internationaux. Je dois dire que je me demandais parfois si je n’étais pas tombée dans un musée des horreurs tant l’ambiance sonore et visuelle était malsaine. Bruits de fonds inquiétants, caméras de surveillance partout, mise en abîme angoissante… Vous vous en rendrez sûrement compte avec le montage vidéo en fin d’article.

Cette visite a été très intéressante. Il y a des oeuvres que je n’ai pas osé photographier tant le voyeurisme aurait été à son paroxysme… Déjà que j’étais entourée de téléphones, et de représentations de téléphones, me promener avec le mien pour prendre des clichés était pour le moins cocasse !
Prendre en photos des photos qui dénoncent notre acte de voyeurisme en nous mettant en situation de voyeur… Je n’ai pas voulu entreprendre de pousser le vice aussi loin. Bonne visite.

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Si vous souhaitez agrandir une des images, il suffit de faire clique droit > ouvrir dans un nouvel onglet.

Avec ce montage vidéo, peut-être serez-vous plus sensible au thème du regard.
Les couloirs du musée étaient parsemés de caméras sous lesquels des télés nous retranscrivaient sur leur écran en temps réel. Les murs servaient à projeter des gros plans d’yeux agités dans tous les sens ou nous fixant. D’autres télés montraient des performances artistiques aussi originales qu’angoissantes. Voyez par vous-même !

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