Une semaine à Petah Tikva

Je sais, ce n’est certainement pas la ville israélienne la plus connue – on n’y trouve d’ailleurs pas vraiment de touristes – mais c’est le seul lieu dans lequel une famille a bien voulu m’héberger. Famille contactée par le merveilleux site de couchsurfing.com. En arrivant, Tal, le père de famille, m’a d’ailleurs confié que j’étais son premier surfer; tout le monde préférant se loger à Tel Aviv.
Je ne lui ai pas dit que moi aussi, j’avais bombardé de messages tous les membres du site habitant Tel Aviv. Mais aucun n’a répondu positivement. En désespoir de cause, j’ai contacté les villes voisines, et seul Tal a accepté de me prêter son sofa pour une semaine. Je logerai donc à Petah Tikva jusqu’au 5 juin, date à laquelle mon avion décolle pour la France. J’y resterai quelques temps dans l’attente de l’obtention de mon visa étudiant israélien, qui me permettra de revenir travailler en Palestine.

20170528_161251.jpgÇa fait seulement deux jours que je suis arrivée à Petah Tikva et la susnommée Palestine me manque déjà énormément. Le jour du départ, j’ai attendu sur l’autoroute en dehors de Jéricho qu’un bus israélien passe direction Jérusalem. En montant, le chauffeur m’a demandé en plus de payer, de lui montrer mon passeport, de préciser ma nationalité et de confirmer que je venais bien de Jéricho. J’ai su à ce moment que les embrouilles allaient commencer. Je m’installe donc sur le dernier rang tout au fond dans l’espoir qu’il m’oublie.
Après avoir roulé quelques temps, il me fait signe dans le rétro viseur de venir chercher un truc : j’avais fait tomber une pièce de 10 shekels. Je vais donc à l’avant pour la récupérer et je réponds spontanément « shukran » lorsqu’il me la rend. Le chauffeur sursaute et je retourne m’asseoir. Hé ! On peut pas vraiment m’en vouloir, j’ai passé des semaines et des semaines en Palestine à devoir parler en arabe ou en langage des signes improvisé; c’était un simple réflexe…
Pendant tout le trajet il ne fait que me lancer des regards plus ou moins furtifs. En arrivant au checkpoint que l’on devait passer normalement d’une traite, il préfère garer le bus et appelle les soldats pour venir me contrôler. Seulement moi bien entendu.
Deux militaires montent, quelques passagers se retournent pour tenter de voir l’individu suspect. Ils regardent le passeport, vérifient les dates de mon visa israélien et examinent chaque page du carnet pour s’assurer que je n’ai pas de tampons compromettants. Après la vérification, ils s’en vont.
Je n’ai jamais autant détesté un chauffer de bus de ma vie.

20170528_160206.jpgJe vous passe le reste du trajet qui, bien qu’il fut assez fatiguant, n’en a pas été plus intéressant. Tal m’accueille au bas de son immeuble. Petah Tikva a l’air de n’être peuplée que d’immeubles résidentiels, d’écoles, de parcs et de synagogues. Il me présente deux de ses quatre enfants présents et on discute un peu. Il part travailler sous peu alors il propose de me larguer dans le centre-ville pour que je puisse un peu visiter l’endroit.

20170528_160241.jpgPar contre je n’ai pris aucune photo du centre de Petah Tikva. Seulement de mon voisinage sur le chemin du retour, dont vous pouvez admirer dans tout l’article les quelques clichés. Il n’y a pas grand chose à dire sur la ville, c’est plutôt bien foutu comme tout ce qui est urbain en Israël. Toujours un peu de poudre aux yeux, mais bon en même temps, quand t’as les moyens d’investir dans du Guerlain, tu vas pas taper dans le rayon cosmétique du Leader Price.

Je vais présenter brièvement ma famille d’accueil. La maisonnée abrite quatre enfants et leurs parents. Ils sont juifs et vont à l’école juive, à ce que j’ai compris. Leur train-train quotidien me rappelle celui de mon enfance : la télévision en rentrant des cours, les activités extra-scolaires, un parent qui aide aux devoirs un môme jusqu’à que mort de l’un des deux s’en suive etc…
Mais voir ces quatre gamins ordis-télé-musique quelques jours après avoir discuté avec des gosses du camp de réfugiés des récentes attaques militaires subies, c’est assez déroutant. Cela m’a par ailleurs fait rendre compte à quel point mon enfance a été, à l’instar de celles des progénitures de Tal, privilégiée.

20170528_155946.jpgPetah Tikva c’est calme, c’est joli, mais c’est un peu loin de tout. D’autant plus que les transports, comme la vie en générale, coûtent une blinde en Israël. Rien à voir avec la Palestine : pour un ticket de bus d’ici à Tel Aviv, tu peux te payer une voiture avec chauffeur là-bas.

20170528_160646.jpgOui, évidemment que j’exagère. Mais c’est parce que je veux retourner en Palestine. Alors pour finir l’article je vous laisse sur cette photo de poubelles.

Mais même regarder les déchets en Israël semble plaisant. Ça m’agace.

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Une réflexion sur “Une semaine à Petah Tikva

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