Challenge : Apprendre l’arabe en moins de 6 mois

Je me souviens encore de l’étonnement produit devant l’alphabet arabe quand je le rencontrais, au revers d’un paquet de biscuit ou sur l’étiquette d’un t-shirt. J’avais toujours cette même réaction mentale : «Woah, les arabes sont tellement chanceux de pouvoir parler, lire, et comprendre cette langue». Réflexion on ne peut plus stupide puisque probablement bien d’autres personnes pensent la même chose pour le français! Alors au lieu de me dire que zut alors, j’aurais bien aimé naître à Béjaïa et parler le kabyle et l’arabe algérien en plus du français, je me dis que je suis au contraire chanceuse. Chanceuse car du fait que l’arabe n’est pas ma langue, son apprentissage va en être que plus enrichissant et gratifiant.

Il est vrai que l’arabe palestinien est différent de celui que l’on peut trouver ailleurs, comme au Maghreb par exemple. Un ami marocain m’avait racontée qu’à l’aéroport il avait croisé un égyptien avec lequel il avait dû converser en anglais. Autrement, ils ne se comprenaient absolument pas dans leur arabe.

Quelques précisions sur l’arabe palestinien rencontrées sur le forum Babel :

L’arabe parlé en Palestine fait partie des dialectes arabes du Moyen-Orient :
il y a un premier groupe incluant Syrie, Liban, Palestine, Jordanie, Egypte.
puis un deuxième groupe incluant Irak, Arabie Séoudite, Yemen, Oman et Etats du Golfe Arabique.

En Palestine l’arabe littéraire est très diffusé du fait de l’intérêt que portent les habitants à l’information qui se fait toujours en arabe littéraire soit par l’écrit soit dans l’audio-visuel.

Pour ce qui est de l’arabe palestinien, on distingue :
* le palestinien urbain, qui fait partie de la branche syro-libano-palestinienne.
* 2 autres dialectes séparés :
– le jordano-palestinien
– le palestinien bédouin

Cette diversité peut sembler surprenante pour une zone géographique assez peu étendue. On trouve même dans la collection « L’Asiathèque » un cours d’arabe parlé palestinien orienté sur le dialecte de Jérusalem.

••► Écouter de l’arabe palestinien.

Quand je suis partie, je n’avais franchement aucune notion de cette langue. Bien sûr je connaissais quelques mots et phrases banals, beaucoup d’insultes, mais pas de vraie connaissance. Après une journée de travail, quelques heures le matin puis quelques heures le soir, je connaissais l’alphabet.

Il n’y a pas vraiment de méthode magique. Au début je voulais prendre des cours auprès d’un professeur particulier, mais je n’en ai pas trouvé. Il y a bien l’Alliance Française, mais le prix des leçons sont un peu trop élevés pour mon budget. La solution «Apprendre l’arabe en pyjama sur le canapé pendant qu’Edgars fait des pancakes» me seyait beaucoup plus. Et l’avantage d’internet, c’est que c’est (presque) toujours gratuit.

Pour assimiler les lettres, j’ai surtout utilisé Youtube. Retour en enfance.

Et une variante qui ajoute le لا (lām-alif) et le ء (hamza) :

Une fois acquise la capacité de lire, j’ai tenté d’améliorer ma lecture afin de la rendre plus fluide. Pour cela, exercices de retranscriptions. Cela consiste à donner la phonétique d’un mot avec les lettres latines :

Mais écrire l’arabe, c’est pas dans mon poignet ! Alors comme à la petite école, je me suis fait des pages d’écriture pour chaque lettre de l’alphabet afin de rendre le mouvement plus naturel. Exemple d’une page d’écriture pour le ب (bāʼ) :

P_20170318_161454-1.jpg

Première ligne : lettre seule. Deuxième ligne : lettre en début de mot. Troisième ligne : lettre en milieu de mot. Quatrième ligne : lettre en fin de mot. 

Voilà à peu près où se situe mon niveau dans cette langue. Soit pas grand chose. La lecture sans les accents est pour moi impossible. En arabe, à part le ا (ʾalif), il n’y a que des consonnes. Les accents permettent de savoir comment les prononcer. J’ai demandé de l’aide pour ce obstacle à Boulos, ce par quoi il a réagi en s’empressant de m’offrir une Bible.

Boulos : You don’t need to read the everyday arabic. You can read the arabic Bible, there are the accents. That’s enough.

Merci Boulos. Mon problème reste le même, mais au moins j’ai eu un joli cadeau et de quoi m’entraîner à la lecture.

Pour en revenir au titre, oui : je vais essayer d’apprendre l’arabe dans le peu de temps imparti. Un challenge qui peut sembler un peu prétentieux quand on sait la profondeur d’une langue comme celle-là, mais je ne me fais pas d’illusions. Ieva, lettone mariée à Boulos, palestinien, et qui vit avec lui depuis 6 ans en Palestine ne sait toujours pas le lire ou le parler. Ils communiquent entre eux en anglais.

Pourtant l’arabe est une langue utile. Enfin… surtout ici. J’aimerais pouvoir lire le Coran autre qu’en français et pouvoir commander un kebab sans passer pour une touriste. Si ces deux motivations n’ont pas la même noblesse, je dois avouer que ce sont mes deux principaux objectifs : lire et commander à manger.

A dans 6 mois donc, pour voir si mon défi aura été un succès ou un échec !

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